dimanche 20 avril 2008

Du 8 au 26 mars - Los Testigos paradisio

Episode 1 : même pas peur

Ambiance série B le soir de notre départ de Grenade pour le Venezuela. Planquer le fric dans les recoins du bateau (Arnaud, qui nous loue le bateau, risque de retrouver quelques biftons dans une cale ou deux à notre retour). Constituer un faux porte-monnaie pour tromper les gangsters. Cacher les appareils photos, l’ordi, les lingots d’or et les diamants….

Nous essayons tant bien que mal de tenir les enfants éloignés de ces tristes gesticulations. Mais la vie en bateau fait que les enfants sont TOUJOURS dans un rayon d’écoute TRES PROCHE du rayon de parlotte des adultes. Lorsqu’on les retrouve enfermés tous les trois dans leur cabine, ils sont en train de glisser leur argent de poche sous les boîtes de jeux et les culottes…

La réputation du Venezuela est détestable vu des Antilles. Et les îles, tenues jusqu’à présent à l’écart de cette réputation, ne sont plus épargnées. Sur l’archipel des Testigos, un plaisancier a été blessé par balle cette saison. Et ça tombe bien : on met le cap sur les Testigos. Pas de bateau copain avec qui faire la route. On s’enfonce donc dans la nuit, tout feux éteints. Mais l’ambiance à bord est sereine. La lune est ronde et belle. Et, si après 6 mois d’aventure en tous genre, on commençait à être un peu plus courageux ?


Episode 2 :Wahoo !


Une nuit calme et 6 heures plus tard, les Testigos sont en vue. Sur l’horizon, les pétroliers étirent leur coque infinie. Aucun doute sur le cap : on a bien touché le pays de l’essence à gogo. Et quand, enfin, la côte est à portée de vue, on retient tous un peu notre respiration. Un paysage de toute beauté balaie en un clin d’œil nos appréhensions. Nous sommes à l’ouest de de Testigo Pequino, l’une des quatre îles de l’archipel, à Playa Real. Des cocotiers, du sable blond, une petite cahute en bois, un relief doux mais pas plat du tout. A notre droite, l’île et la plage s’évanouissent. Un étroit couloir par où l’océan entre et sort en grondant et puis, tout de suite après une autre île, presque à touche-touche qui lui succède : Testigo Grande. C’est une vision idyllique, d’une harmonie magnifique. Un 20/20 en création de paradis.

Nous longeons tout doucement la côte bouche bée. D’une lancha, ces petites barques de pêche qui fleurent bon les vacances avec leur bâche blanche, s’échappe un air de salsa. Cette musique riante nous précipite tout à coup dans un autre monde : nous ne sommes qu’à quelques heures des Antilles, du zouk, du reggae, des dollars, de la peau noire, de l’anglais, du créole, des accras et du lait de coco. Mais dans la nuit, nous avons changé de planète : nous sommes au pays des latinos !


Venezuela, nous voilà !

Arrivée sur les Testigos

Episode 3 : Pirate toi-même

Comble de joie, il y a un bateau au mouillage, et en plus c’est des Français. Trois heures après avoir jeté l’ancre, nous sommes à bord du Gentiane autour d’un verre.

Françoise et Jean-Pierre sont d’adorables Bordelais qui ont élu domicile au Venezuela. Les pirates ? La violence ? Françoise et Jean-Pierre rigolent doucement. Aux Testigos, il n’y a qu’une chose à craindre : le trop plein de beauté et de gentillesse. Au lendemain de notre arrivée, nous nous réveillons entourés de lanchas au bord desquelles les pêcheurs sifflent et reprisent leur filet. Les premiers que nous abordons nous offrent deux pagres. Le lendemain, une habitante nous offre un mérou et des bonites. Le surlendemain, un gringo tape à notre coque : c’est Eric, un franco-québécois, qui a jeté l’ancre aux Testigos. Encore un. Il nous tend une raie magnifique, et évidemment délicieuse.

Jour après jour, nous faisons l’expérience d’une relation humaine oubliée depuis le cap Vert et la Dominique : ici, les gens n’ont rien, mais ils donnent le peu qu’ils ont. Donner, c’est exister. Nous sommes ébranlés par cette générosité. En douze jours de présence aux Testigos, nous ne dépenserons qu’une cinquantaine d’euros. Nous faisons le vœu que les enfants, et nous-mêmes n’oublient jamais ce lien unique qui peut unir les hommes. Et très vite, nous rentrons dans le jeu : nous offrons des bières, des cocas, de la farine, du sucre… Car Hugo Chavez a si bien fait les choses qu’il n’y a plus ni lait, ni sucre, ni œufs dans les magasins. Le reste est vendu à de prix qui défient l’imagination : le kilo de farine est vendu 22 bolivars, soit 4 euros.

Dans une telle ambiance, nos réflexes sécuritaires s’émoussent jour après jour : le bateau qui est, au début, une forteresse imprenable finit ouvert à tous les vents, complètement béant.

Balade sur les hauteurs

C'est joli mais ça pique !

La machette, idéale pour se frayer un chemin dans les cactus.

Le bord de mer, moins hostile que l'intérieur des terres.

Episode 4 : une visite très attendue

Les enfants n’en peuvent plus : depuis la première seconde de leur arrivée, ici, il n’est question que de Chon Chon.

Chon Chon habite sur l’île de Testigos Pequino. Sa maison est un enchevêtrement de planches, de palmes et de tôles. Son lit est un hamac sous le auvent. Tous les navigateurs qui ont croisé par là ont rencontré cet homme aujourd’hui âgé de 80 ans. Son portrait est dans tous les blogs. Sa légende est sur toutes les lèvres. Il nous reçoit dans son petit paradis de terre battue et nous invite à manger le lendemain soir. Auparavant, il chausse ses palmes et nous conduits à un trou à langoustes, armé de son arme fatale : un bâton terminé d’un petit crochet. Chon Chon repère deux langoustes. Mais Chon Chon est un sage : voyant Corentin fatigué par une longue plongée, il ramène l’enfant à la plage oubliant les bestioles.

Nous sommes subjugués par ce vieillard si pauvre et à la fois si riche. Chon Chon a vieilli, sa télé offerte à tous les vents offre en alternance le son et les images, son parterre est jonché d’arrêtes de poissons, de poussins, de canettes et de noix de coco… Mais Chon Chon vit. Et savoir qu’un homme vieux et humble est encore en droit d’habiter un endroit si beau dans une telle liberté est d'un grand réconfort.

La plage de Chon Chon

Rencontre avec Chon Chon, une légende vivante

J'habiterais bien là, moi

Maman ils sont trop mignons les poussins de Chon Chon...

... et aussi notre ami Chun Chun

Episode 5 : d’autres belles …

Magnifiques snork(e)lings aux Testigos : il y a les flambeurs avec leur corps bleu marine pailletés de points lumineux. Les timides, rouges cramoisis, cachés sous les rochers. Les stars, corps bleus lumineux et grosses bouches outrancièrement fardés. Les enfants de Nemo, tout droit sortis d’un dessin animé, avec leur forme triangulaire et leurs couleurs de rêve. Les calmes, les speedés, les curieux qui viennent taper au masque…Et puis, bien sûr, les murènes, les mérous patauds, les langoustes et leurs antennes immenses… Chaque jour maintenant, nous plongeons pour prendre notre shoot. Le corail est notre maison de vacances, notre cinéma, notre théâtre, notre métro, notre jardin secret.

Celles-là, c'est pas nous qu'on les a attrapées...

... mais celle-là, oui, et à la main s'il-vous-plaît !

Episode 6 : … et grosses rencontres

Et puis, il y a cette nuit passée sur la plage de l’autre coté de Testigos Grande. La journée, nous avions repéré sur le sable d’immenses traces dans le sable genre pneus de 4X4. Mais il n’y a pas de voitures aux Testigos, seulement des tortues Luth qui viennent pondre du mois de mars au mois de juin à l’endroit même où elles sont nées.

Accompagnés de notre pote Eric, nous nous installons donc pour la nuit dans l’espoir de croiser l’un de ces monstres marins. Et, vers minuit, le miracle se produit : une grosse masse échouée sur la plage attire nos regards. On n’y croit pas. On se précipite. Des nageoires géantes s’ébattent dans le sable tentant de mouvoir le corps énorme qu’elles enserrent. Nous sommes seuls avec l’animal, émus aux larmes, nous embrassant les uns les autres.

Tout droit sortie de la préhistoire, et des rouleaux énormes de l’océan, la tortue peine. Elle a fait des milliers de kilomètres et la voilà maintenant qui se débat dans cet élément qui lui est si étranger. Chaque centimètre lui coûte, mais elle s’accroche. Le sable vole en tous sens. Enfin, elle s’arrête, mais ce n’est qu’un répit. Elle se met à creuser avec ses pattes arrières : un trou d’1 mètre, presque 2 mètres de profondeur ! Le travail n’en finit pas quand soudain une succession de petits œufs gros comme des balles des ping-pong dégringolent dans la fosse. La belle a accompli sa mission. On croit voir des larmes dans ses yeux à la lueur de la lune qui nous éclaire tant qu’elle peut. On voudrait l’embrasser, lui dire tous nos vœux de bonheur, mais le travail continue. Il faut enterrer les œufs puis rejoindre le monde de la mer.

Demi-tour marche. On pense qu’elle a du mal à trouver sa voie. En fait, elle veut brouiller les pistes pour masquer son nid souterrain. Pas à pas, seconde après seconde, elle rejoint l’océan infini, aidée des enfants qui la poussent vers le rivage. La tortue finit par s’enfoncer dans la nuit et disparaît comme elle est arrivée…

Pablo l’a baptisée Elena du nom de sa très chère amie d’école. Trois heures plus tard, une autre apparition se produira. Corentin l’a baptisera Camille…

Très grands moments Chance d’avoir assisté à un tel spectacle sans guide, sans groupe, sans barrière de protection. Une nuit inoubliable.

Pendant que les enfants se baignent, le bivouac se prépare

Tout est prêt pour accueillir dames tortues

Quelques langoustes en attendant

Soudain notre coeur se serre...


Quelle émotion !

Mé keskiféla suila


C'est déjà ma copine


Vas-y ma belle tu peux commencer à pondre...


Une cascade de petits oeufs gros comme des balles de ping-pong

J'aimerais tant repartir avec toi

Adieu, et bonne chance !


Au petit matin, et si ce n'avait été qu'un rêve...


Episode 7 : très cher Eric,

Comme d’autres Français, d’autres Québécois ou Suisses, tu as élu domicile dans ce coin de paradis où l’argent n’a aucune valeur. Ton petit bateau, Moby Dick, s’est figé depuis cinq ans face à la dune. Chaque jour, tu prêtes mains fortes aux pêcheurs ou tu charries des kilos de ciment pour permettre aux plus déshérités de se construire un toit.

Le jour où nous t’avons rencontré, tu nous as offert une raie. Un autre jour, tu nous as donné un jerrican d’essence. Même si le pétrole ne vaut rien ici, et si les poissons foisonnent, tes gestes nous sont allés droit au cœur. Comme ta gentillesse et ton alan. Tu sais, comme nous maintenant, le bonheur d’avoir touché une terre si sereine et si belle. Comme toi, nous avons bien failli retarder de dix jours, puis de vingt, puis de trente ans notre escale aux Testigos. Reste y encore un peu, histoire de nous donner l’illusion d’en être pas partis. Et, surtout, termine vite ton bouquin sur la cuisine à bord. On s’en régale d’avance (ça nous changera des recettes SEB)

De l’île de Margarita d’où nous t’écrivons, les immeubles poussent comme des champignons, les terrains vagues sont misérables, les taxis font office de voitures blindées et les boutiques dégoulinent de trucs aussi chers qu’inutiles. Tu manques aux enfants.

Hasta luego, Enrique.


La lougouste selon Eric, revenue à la poèle côté coquille avec aïl et huile d'olive. Aïe aïe aïe...


Eric, encore et toujours, avec son inséparable Cookie.


Il paraît que sur la plage tout en bas des tortues viennent pondre à la nuit tombée...

Episode 8 : « Mes 42 ans aux Testigos »

Le billet du capitaine (mais oui, mais oui, une fois n’est pas coutume !)

J’ai été particulièrement gâté pour mes 42 ans : cela avait déjà commencé à Carriacou aux Grenadines avec Tiphaine et Raphaël de Yann Emilie qui m’avaient concocté des messages codés en hiéroglyphes pendant une journée entière, avec petits montages à la clé et tout et tout.

Le jour J, le lendemain de notre arrivée aux Testigos, je fus prié d’aller me promener sur la plage de Chon Chon. J’en profitai pour aller discuter avec les pêcheurs de Margarita qui restent la journée au mouillage dans l’Archipel pour conditionner leur pêche et, comme c’était mon anniversaire, je revins avec une dizaine de poissons. Ça commençait bien !

Pendant mon absence, ça avait trimé dur sur le bateau, et notamment en cuisine. Un vrai menu gastronomique ! Jugez plutôt :

  • Petits toasts chauds au caviar d’aubergines et olives de Chaumarty.

  • Gratin de potiron et sa timbale de riz

  • Vivaro au citron vert au four

  • Flan des Tropiques au rhum et ananas spécial Pablo, accompagné de petits sablés spécial Corentin.

Mais ce n’était pas tout. J’eus droit à un joli bricolage spécial Tiphaine : une guitare en carton, boite de conserve et élastiques unique au monde, sans compter une myriade de petits mots d’amour des unes et des uns (et surtout d’une), des pliages papier, plus un dessin de Corentin avec bateau, maison et … soleil bien sûr !

Un grand merci à ma famille chérie.


Bon anniversaire !

jeudi 27 mars 2008

Yan Emilie, nos petits amis

Après les Tobago, cap sur l’une des îles les plus au sud des Grenadines, Cariacou. Mouillage à Tyrel Bay le samedi 1er mars, une anse très abritée avec une ambiance carrément sympa. Il faut dire qu’à cette latitude-là, les Antilles commencent à retrouver une certaine humanité. Les vedettes sont restées loin derrière en Martinique et les bateaux de location ne se hasardent guère plus bas… Ne reste plus que les bateaux de pêcheurs et les voiliers de voyage comme le notre, flanqués de leurs panneaux solaires, de leur éolienne et de leur brochette de linge humide. Les plus puristes ont même un optimist en guise d’annexe, ce qui donne lieu à un ballet de petits bateaux à voile qui zigzaguent en silence dans la baie. Nous-mêmes avons rendez-vous avec notre opti préféré, le Garfield de nos copains du Yann Emilie. François, Clarisse et leurs enfants, Thomas, Raphaël et Hélène arrivent de Guyane via le Sénégal et le Brésil. Ils vont remonter l’arc antillais jusqu’au nord avant de rallier les Açores.
Le soir de leur arrivée, nous nous tombons dans les bras. Depuis la Gomera aux Canaries, où nos chemins se sont séparés, nous nous lançons des mails pour tenter de croiser nos routes. Et là, ça y est, c’est un peu un miracle : nous sommes tous les dix sur Yallingup. Les enfants fous de joie de se retrouver, et les adultes tout aussi heureux. Pendant 5 jours, nous allons vivre collés serrés. Ils nous racontent la misère de l’Afrique, les splendeurs de la Guyane… Nous leur racontons le cap Vert, la Martinique, les Tobago… Petit déj aux blinis, soirée barbecue, apéro Caïpirina. On ouvre le foie gras de Toulon (miam), François débouche du champagne de Californie, on ose une crêpe party à 10 heures du soir, arrosé de cidre brésilien (aïe) et Hélène a même droit à sa méga boîte de raviolis directement importée de Martinique. Pablo et Thom passent leurs journées sur l’optimist, tandis que Tiphaine et Raph se lancent des messages codés à grands coups de hiéroglyphes (…). Hélène et Corentin, eux, playmobilent et peinturlurent à fond… se couchant chaque jour un peu plus tard.
Mais ça bûche dur quand même : après des heures d’acharnement, François parvient à nous capter les cartes météo à partir des ondes BLU. C’est tout simplement magique ! Et Clarisse, qui est une maîtresse avant d’être une plagiste caïpirinisée, offre à Pablo et Tiphaine une matinée de vraie école avec la patience, la méthode, l’expérience d’une vraie pro.
Le soir des au-revoir n’est pas facile, mais rendez-vous est pris pour se retrouver en mai aux Açores.
« Yann Emilie, mes petits amis », comme le dit Corentin…

Le Yann Emilie tant attendu


C'est bon de retrouver les copains...


Des heures entières sur l'opti


Les capitaines se font la malle


François, Clarisse, Thomas et Pablo


Ahhh, une caïpi... comme là-bas !

Copain copain


Les Grenadines, le flash turquoise


Au sud de la Martinique, les Grenadines, c’est un chapelet d’îles toute plus belles les unes que les autres. Nous avons passé des dizaines d’heures à lire le guide qui leur est consacré. Quand nous étions à Toulouse à remuer ciel et terre pour partir ; entre Gibraltar et Madère au milieu des seaux de vomi, au Cap-Vert, dans les bourrasques, au 2e, au 8e, au 10e au 14e jour de la traversée…., les photos ensorcelantes des Grenadines nous ont toujours suivis, et même précédés. C’est elles qui nous ont portés jusque là. Nous leur devons tant de rêve, et aussi peut-être tant de folie !
C’est donc avec émotion que nous entamons la descente de l’archipel avec un premier mouillage adorable à Petit Nevis, un îlot au sud de Bequia (prononcez Békoué), qui a longtemps été le repaire des baleiniers. Dans la broussaille, de très grandes marmites de fonte sont encore là, témoins des gigantesques dépeçages qui ont marqué le lieu.
Le lendemain 28 février, nous poursuivons notre route. Les enfants adorent ces petites navigations à la journée où une île succède à une autre et où le vent nous pousse comme sur des roulettes. Malheureusement, faute de temps, nous sautons beaucoup d’étapes pour aller directement à l’essentiel, le clou du spectacle : les Tobago Cays. Les Tobago Caisse (comme dit Corentin avec son redoutable accent anglais), ce sont quatre îlots désertiques, plats comme la main et bordés par deux grandes barrières de corail. Quand nous rentrons dans ce sanctuaire, malgré la trentaine de bateaux déjà présents, c’est le flash. Des eaux claires, nos yeux en boivent depuis quelques mois maintenant. Mais claire à ce point, jamais. C’est du plus pur que pur, du plus beau que beau. Il y a quelque chose de religieux, presque de mystique dans tant de transparence. De quoi l’homme peut-il douter ici ? De quoi peut-il avoir peur ? Que peut-il lui manquer ? Et puis, il y a ces petits îlots tout droit sortis de VSD. Des perles posées sur un plateau turquoise avec du sable si fin qu’on dirait de la farine. Au petit matin, nous débarquons sur Jamesby, l’un de ces paradis . Nous sommes seuls comme des Robinson. Alors, on court, on monte aux cocotiers, on plonge, on ressort, on se couche dans le sable chaud, on replonge.. On essaie du mieux qu’on peut d’embrasser tant de beauté. Car c’est une évidence : on est vraiment dans l’un des plus beaux endroits du monde. Et, ce qui se passe dans le monde du dessous est tout aussi éprouvant pour le cœur. Nous faisons nos premières plongées inoubliables, nos premiers snorkeling comme on dit maintenant parce qu’on est branché : un masque, des palmes et un tuba dans l’univers enchanteur du reef, la barrière de corail. Des poissons de toutes les couleurs défilent sous nos yeux, rentrent et sortent des tombants rocheux ou s’échappent des gorgones qui balancent langoureusement leurs feuilles. C’est plus qu’un aquarium : un vrai jardin sous-marin à deux ou trois mètres de la surface de l’eau.
Nous adorons cette escale d’autant plus qu’on nous avait annoncé quelques 200 bateaux au mouillage. Or, nous ne sommes « qu’une » trentaine, ce qui laisse beaucoup de place pour se pâmer. Mais c’est vrai que le vent souffle fort (les Alizés sont musclés cette année) et même nous, les accros-fondus du snorkeling on the reef, nous battons en retraite au bout de deux jours. Les yeux encore tout éblouis.


Escale à Petit Navis

A l'assaut des cocotiers

Jamesby Tobago Cays mars 2008

Bienvenue aux Tobago

Alors Fred, un petit snorkeling sur le reef...


Sur Baradal au soleil couchant


Mais où sont encore passées les pinces à linge...


Saline Island au sud de Cariacou


La fournée du jour


mardi 26 février 2008

Jeudi 14 février - La boulette de chez boulon

De retour de Dominique, nous prévoyons une courte escale en Martinique, histoire de refaire les pleins et de récupérer de nouvelles lunettes pour Fréd. Mais le lendemain de notre arrivée, nous découvrons que nous avons, ou plutôt j’ai, moi, Catherine, en personne, oublié ma carte bleue au distributeur en Martinique. Opposition immédiate. Problème, mais problème relatif : il nous reste une carte, ça devrait suffire.
C’est sans compter le zèle des postiers qui s’empressent d’agraver ma connerie en annulant non pas une, mais deux CB ! La TUILE !!! Le lundi même, je suis dans la cabine téléphonique à 3 heures du matin pour interpeller le centre financier de la Poste qui ouvre à 8 heures à Toulouse. Et là, bien entendu, personne n’est responsable de rien. Après une nuit de parlementation, on me promet de refaire les cartes bleues et de mes les expédier pour vendredi, dernier délai samedi. On peut rêver : à l’heure qu’il est, on est samedi, et les cartes sont toujours quelque part, loin de nos portefeuilles.

Décision (lourde) est prise d’attendre jusqu’à mardi matin et de mettre les voiles même si l’on n’a rien reçu d’ici là. On en profite pour mettre les enfants (qui ne comprennent plus rien à rien) aux travaux forcés pour expédier les évaluations du Cned avec 15 jours d’avance. Les Grenadines, on n’en rêvait plus trop en raison de l’affluence touristique dont on nous a beaucoup parlé. L’avantage, c’est que maintenant on fantasme complètement en pensant à elles…

Et puis, cette escale interminable en Martinique, nous donne l’occasion de passer beaucoup de temps avec nos adorables copains de Morgane et de retrouver les Mapilo, un jeune couple très sympa qui s’est fait la peur du siècle en pétant le gouvernail en pleine traversée (28 jours de traversée !). C’est l’ambiance camping dans l’immense zone à mouillage qui borde la marina pleine à craquer de bateaux qui ne servent à rien sauf à payer moins d’impôts (vive la loi Pons). Les voyageurs, comme Morgane, comme Mapilo ou nous-mêmes, sont tenus à l’écart de ces pontons moribonds. Mais c’est pas grave : au moins ici, on ne paie rien et les crêpes d’Ingrid la bretonne, elles, n’en ont que plus de prix.

Cette rallonge martiniquaise, c’est aussi un cadeau surprise assez incroyable : alors que Fréd fait du stop dans la nuit pour partir acheter une carte de téléphone, il est interpellé par des appels de phare insistants. Dans la voiture qui s’arrête finalement à ses côtés, il y a Anouk et Patrick, les parents d’Adèle et Fanny, de très bonnes copines d’école de Pablo. Nous savions que la famille passait des vacances ici, mais nous n’avions pas eu le temps de les contacter. Le lendemain, c’est les grosses retrouvailles et un rendez-vous immédiat pour une randonnée de groupe dans l’intérieur de l’île. Et, la surprise en cache une autre : Anouk et Patrick sont accueillis en Martinique par Marc, un Toulousain d’origine martiniquaise, et Anne, son épouse, … ma gynéco de l’hôpital Ducuing, une femme pour qui j’ai une reconnaissance éternelle depuis la naissance de Corentin. Journée radieuse. Très belle balade. On termine autour d’une daurade et d’une tranche d’avocat dans leur maison face à la rhumerie Lamauny.

Merci à vous Anouk, Anne, Patrick et Marc de nous avoir fait si gentillement une place dans vos vacances. Il n’est pas facile d’hériter d’une famille de cinq sans voiture… et (toujours) sans carte bleue ! Plus d’une fillette (Tiphaine pour ne pas la nommer) qui s’est foulée une cheville pendant la rando… et qu’il a bien fallu porter !

P.S. : De rencontre en rencontre, nous avons décidé de changer notre itinéraire : nous allons descendre (un jour peut-être) dans les Grenadines puis tirer jusqu’aux îles du Venezuela comme prévu. Le changement, c’est que nous ne remonterons pas le long des petites Antilles (Guadeloupe, îles Vierges, etc). Nous allons mettre le cap sur Cuba avec peut-être un crochet par la République dominicaine. On vous tient au courant.

En prime, et suivant les conseils éclairés d’Agnès, on joint une petite carte. Promis, on essaiera de faire mieux la prochaine fois.

Retour sur la Martinique

Les retrouvailles avec Pierre et Chloé de Morgane

Ingrid et Ronan, M et Mme Morgane

Sur la plage de Ste Anne

Matinées studieuses

Après-midi détente

Pop corn pour 5 enfants

Corvée de lessive

Yallingup, un bateau qui vit

Vente de gateaux et de citronnade sur les pontons

Une bande de toulousains en forêt tropicale

Retrouvailles avec Fanny et Adèle

Bégonias

Orchidées

Anouk et Patrick, avec Anne et...

...Marc le gai luron

Course sur la plage de St Pierre avec Esther

Et une entorse, une !

Quelques étapes